Quand la Défense belge lorgne les drones chinois bannis par l’US Army

22/02/2021, 18:29
Drone DJI Matrice 300
© Un drone de type DJI Matrice 300

L’armée belge envisage l’achat de petits drones d’observation civils chinois bannis par l’US Army.

Du matériel chinois acheté prochainement par l’armée belge? C’est ce que laisse entendre un post publié récemment sur les réseaux sociaux par la Défense, qui indique que la composante Air “étudie actuellement la possibilité d’intégrer un drone de type DJI Matrice 300 comme capacité supplémentaire en support des opérations et missions quotidiennes de nos unités”.

Avec le plan d’investissement décidé sous les gouvernements précédents, l’armée belge, à l’instar de toutes les armées modernes, s’est lancée dans l’acquisition de nouveaux appareils pilotés à distance. La Défense, qui ne disposait jusqu’ici que d’un seul type de drone, le RQ-5 B-Hunter – aujourd’hui retiré -, aura bientôt à sa disposition une gamme nettement plus étendue, allant de l’imposant MQ-9 SkyGuardian – la version moderne et européanisée du célèbre Reaper – à des appareils tactiques plus modestes, dont certains lancés à la main. Elle souhaiterait compléter cette panoplie avec des petits drones légers civils peu onéreux. L’idée serait d’intégrer l’utilisation d’images aériennes au sein de la force aérienne, dans des domaines tels que la communication, l’évaluation, l’infrastructure, la sécurité aérienne et la surveillance des bases.

Le hic, c’est que le drone DJI Matrice 300 est chinois. Ce petit engin de 9 kg maximum doté d’une autonomie de 55 minutes est employé par les forces de sécurité et pour les missions de sauvetage ou d’inspections difficiles. À l’heure ou plusieurs pays occidentaux veulent empêcher l’équipementier chinois Huawei de participer à l’installation des nouveaux réseaux de 5G, il pourrait paraître paradoxal de prendre le risque de permettre à d’autres entreprises chinoises de pouvoir éventuellement avoir accès à des informations sensibles au sein de l’armée.

En 2017, l’US Army a d’ailleurs banni l’achat de drones du constructeur chinois DJI, en mettant en avant les risques de hackage des données transmises. Seules des dérogations “au cas par cas” auraient été accordées pour des “besoins urgents”. D’autres forces armées de l’Alliance atlantique ont emboité le pas aux Américains et se sont tournés vers des fournisseurs occidentaux pour l’acquisition de ces petits drones d’observation.