Militaires belges blessés au Mali: les patrouilles reprendront la semaine prochaine

2/02/2020, 12:55
Des militaires belges de MINUSMA en opération a Mali
© Defense

Les Casques bleus belges reprendront la semaine prochaine les patrouilles dans la région de Gao, au nord-est du Mali, interrompues à la suite de l’explosion qui avait fait trois blessés le 24 janvier. Les militaires “se portent bien”, a indiqué vendredi le capitaine de vaisseau Carl Gillis, responsable de la division Opérations de la Défense.

L’incident s’est déroulé le vendredi 24 janvier alors que les militaires belges de la Mission de l’Onu pour la stabilisation du Mali (Minusma), sous commandement allemand, effectuaient une mission de reconnaissance à l’est de Gao. Peu près 17h00 locales (18h00 en Belgique), un des véhicules du détachement (un blindé de type Dingo II) a roulé sur un engin explosif improvisé (IED) à quelques kilomètres du camp Castor, où les militaires sont basés.

Trois Casques bleus belges ont été blessés, dont deux légèrement. “L’un d’eux a eu les deux pieds cassés”, détaille le commandant Gillis lors d’une conférence de presse à Bruxelles. “En moins d’une heure, il a été transféré dans un hôpital de campagne français et a ensuite été opéré. Il a été rapatrié en Belgique en moins de 24 heures”.

Les deux autres blessés n’ont pas été transportés à l’hôpital et sont restés avec le détachement, avant de rejoindre le camp dans les deux heures suivant l’incident. “Le détachement a été choqué mais les militaires se portent bien et se sont remis de cet événement”, ajoute le responsable de la division Opérations. “Ils ont exprimé la volonté de reprendre les patrouilles au plus vite.”

Le véhicule touché est partiellement détruit mais la cellule où se trouvaient les militaires est intacte. Le commandement allemand a procédé à de premières expertises sur le blindé afin de déterminer le type d’engin utilisé et la nature de l’explosif. Il sera également examiné en Belgique pour évaluer les dégâts et améliorer les équipements.

Etant donné que l’incident est de nature terroriste, le parquet fédéral a également ouvert une instruction.

Un premier incident du même type s’était produit le 1er janvier dernier dans les environs de Gao. Deux militaires belges avaient été blessés.

En 2019, la Minusma a enregistré 182 accidents avec des engins explosifs improvisés au Mali, soit trois à quatre par semaine. Les deux incidents de ce début d’année sont les premiers à impliquer des militaires belges, déployés au Mali depuis 2018. La Défense constate d’ailleurs que la situation sécuritaire se dégrade au Mali mais également dans d’autres pays frontaliers comme le Niger et le Burkina Faso, avec une augmentation de ce type d’incidents.

Plus de 200 militaires sont morts depuis le début de la mission onusienne, dont 60 lors des 18 mois du commandement belge. “Mais les armées d’autres pays n’ont pas le même équipement que le nôtre”, souligne le commandant Gillis. “Le Dingo a sauvé la vie de nos militaires”.

Une centaine de militaires belges sont actuellement déployés au Mali, dont une quinzaine dans le cadre d’une mission d’entraînement de l’Union européenne qui forme l’armée malienne (EUTM-Mali). Les autres opèrent au sein de la Minusma à Bamako et à Gao.

Source: Belga