Les onereux nouveaux helicopteres de la Defense devront davantage rester au sol

25/06/2020, 09:42
Belgische pathfinders worden gedropt door een NH-90
© Oliver Dom
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La composante Air a annoncé mercredi des mesures d’économies qui touchent ses quatre hélicoptères NH90 dans leur version TTH (transport tactique), basés à Beauvechain, dont le plan de vol sera “réduit”. Les drones vieillissants de type B-Hunter, opérant principalement de la base aérienne de Florennes, seront pour leur part retirés quatre mois plus tôt que prévu, soit dès le 1er septembre prochain.

“Aujourd’hui, notre organisation est en profonde mutation et nous sommes confrontés à un défi extraordinaire dans le domaine des ressources humaines. Dans ce contexte, il a été décidé de réduire le plan de vol de la version NH90 TTH (Troop Transport Helicopter) et de retirer le drone B-Hunter d’emploi quatre mois plus tôt que prévu”, a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.

“Les mesures liées à la version TTH du NH-90 sont dues à sa production opérationnelle limitée en raison d’un soutien industriel imparfait (qui menace de diminuer dans les années à venir) en raison de mises à niveau très coûteuses mais nécessaires et de pénuries en personnel”, a expliqué la Défense. Elle ajoute faire le choix de se concentrer prioritairement sur la version navale NFH (Nato Frigate Helicopter), qui, dans son rôle maritime, doit accroître l’efficacité des frégates et en même temps assurer la mission SAR (Search and Rescue, recherche et sauvetage, principalement en mer).

Selon le commandant de la Composante Air, le général-major Frederik Vansina, le nombre d’heures de vol annuelles effectués par les quatre TTH passera d’un millier, un chiffre théorique jamais atteint dans la réalité, à 600. Le coût d’un vol d’une heure avec ces hélicoptères est de 12.000 euros.

La Défense a acheté ces huit NH90 en juin 2007 pour un montant de près de 300 millions d’euros par le gouvernement Verhofstadt II. Ils ont été livrés avec retard, entre décembre 2012 et novembre 2014. Ils n’ont été utilisés qu’à une seule opération à l’étranger, en 2018 au Mali.

Une deuxième mesure annoncée mercredi est le retrait d’emploi “accéléré” des UAV (“Unmanned Aerial Vehicle” en jargon militaire) B-Hunter utilisés par le 80e squadron (escadrille) de Florennes. Selon la Défense, le B-Hunter actuel n’a qu’une “faible disponibilité” et “ne répond plus aux normes et aux exigences des théâtres opérationnels actuels”.

Ce retrait anticipé, dès le 1er septembre, permettra au personnel de se préparer de manière optimale au déploiement prévu en 2023 des quatre drones Male (Medium Altitude, Long Endurance) MQ-9B SkyGuardian commandés en 2018 et de renforcer d’autres systèmes d’armes.

Le retrait des B-Hunter était prévu en 2021 dans la “vision stratégique” pour la défense adoptée en 2016 par le gouvernement Michel 1er, qui définit les contours de l’armée belge à l’horizon 2030.

Les B-Hunter de conception israélienne, acquis en 1998, sont pleinement opérationnels depuis 2004. Basés depuis octobre 2010 à Florennes, ils opéraient auparavant depuis Elsenborn, près de la frontière allemande. Ils ont été engagés dans quelques missions à l’étranger, notamment l’opération européenne EUFOR en 2006 lors des élections en République démocratique du Congo (RDC) – deux des dix-huit appareils acquis avaient été perdus – ainsi qu’en Bosnie-Herzégovine.

En Belgique, ils servent notamment à détecter la pollution marine en mer du Nord et à aider les gardes forestiers dans leurs tâches. Ils ont aussi été utilisés en 2016 pour surveiller durant plusieurs semaines le port d’Anvers, en collaboration avec la police maritime, pour prévenir des actes terroristes.

Belga & VRT Nws