Les Commandos de Flawinne en exercice dans une ancienne centrale désaffectée de Charleroi

7/05/2021, 13:09
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Le 2e Bataillon de Commandos de l’armée belge était au Gué du Hameau, à Monceau-sur-Sambre, dans l’ancienne centrale Electrabel, pour un exercice “en conditions réelles”.

Dans un pays fictif connaissant une insurrection armée, l’armée belge a été appelée au secours pour exfiltrer M. Tirou, directeur d’une centrale électrique, qui est caché dans son usine. Il a été encerclé peu à peu par des bandes armées, et il craint pour sa vie.

C’est le scénario de ce Storm Challenge qu’on “joué” les soldats du 2e Bataillon de Commandos ce vendredi à Monceau-sur-Sambre (Charleroi), dans l’ancienne centrale désaffectée au Gué du Hameau. C’était une démonstration, qui s’est faite en présence de la presse et du bourgmestre Paul Magnette (PS), mais les lieux ont bien servi d’exercice en conditions réelles, loin des yeux et des oreilles.

“On a commencé sur place avec un exercice réel, de nuit, dans ce lieu inconnu des hommes. Une reconnaissance par drone a été effectuée, ainsi que des observations, avant de lancer la mission”, explique Manu*, un commandant en second. “Il a par exemple fallu près d’une heure et demie pour trouver une faille dans la clôture pour faire passer les troupes: c’est tout l’intérêt de ce type d’exercices, confronter les troupes à des situations réelles, avec ses imprévus et ses difficultés, même si la version que vous venez de voir était édulcorée pour la rendre plus dynamique.”

Une fois le repérage fait, il faut compter entre 5 et 10 minutes d’intervention. “Au plus on reste sur place, au plus on s’expose au danger pour nous ou la cible à aller placer en sécurité”, explique un sergent*. Débarquer, sécuriser les lieux, exfiltrer la cible et s’en aller: in et out, le plus rapidement possible. “Ici des coups de feu ont été tirés, mais il faut savoir qu’on n’entraîne pas nécessairement les troupes à tirer, surtout à évaluer, parfois en un quart de seconde, s’il faut tirer ou pas. Parfois des accords internationaux nous imposent, lorsqu’on est sur le terrain, de ne pas ouvrir le feu, ou de ne le faire qu’en état de légitime défense”, détaille le commandant en second.

Le 2e Bataillon de Commandos compte trois compagnies opérationnelles de chaque 80 à 100 militaires. Formée en 1942, la structure fait traditionnellement surtout des exfiltrations, partout dans le monde, mais évolue aujourd’hui vers des opérations spéciales : patrouilles et missions en véhicules de combat sur de très longues distances, missions amphibies en environnement fluvial, côtier et arctique, et l’appui spécialisé (reconnaissance, mortiers, guidage des frappes aériennes, snipers, insertions en chute libre, plongeurs, génie de recherche, etc.). “C’est le premier exercice sur territoire civil qu’on fait depuis le début de la crise Covid, il était temps de se remettre dans le bain”, nous confie-t-on.

Pendant qu’une partie des troupes s’entraînait à exfiltrer une cible, d’autres membres du 2e Bataillon jouaient donc les “méchants”. “L’exercice n’est pas perdu pour nous non plus”, explique un militaire. “On a repéré tout le bâtiment, placé des gardes aux entrées, sécurisé les lieux. Ici, on jouait les méchants, mais c’est le genre de choses qu’on peut être amenés à faire sur le terrain aussi, notamment si on est pris au piège ou coincés quelque part.” Un roulement s’effectue dans les exercices, pour que tout le monde voie plusieurs rôles.

* L’armée n’a pas communiqué les noms et prénoms de nos interlocuteurs, seuls les hauts gradés exposent leur identité.

Source: La Dernière Heure (Jean van Kasteel )