Il y a 70 ans, un bataillon belgo-luxembourgeois débarquait en Corée pour y combattre

1/02/2021, 10:18
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Il y a 70 ans, le 31 janvier 1951, un bataillon de 700 soldats belges et luxembourgeois, tous volontaires, débarquait à Busan (nord-est de la Corée) pour se joindre au contingent des toutes jeunes Nations unies mis sur pied pour repousser l’invasion du sud du pays par le nord, communiste.

En un peu plus de deux ans de combats (du 6 mars 1951 à l’armistice du 27 juillet 1953), 101 Belges et deux Luxembourgeois sont décédés dans ce conflit, cinq ont été portés disparus et 478 ont été blessés durant le seul conflit armé de la Guerre froide, selon un bilan dressé par la Fraternelle du corps de Volontaires pour la Corée (FCVC) et du War Heritage Institute (WHI, le parastatal du ministère de la Défense dédié à la conservation du patrimoine historico-militaire et à la mémoire).

La guerre avait débuté le 25 juin 1950 quand l’armée nord-coréenne, communiste et soutenue par l’Union soviétique et la Chine, avait franchi le 38e parallèle pour envahir le Sud, s’emparant de Séoul en trois jours. Le général américain Douglas Mac Arthur est nommé le 3 juillet à la tête des forces de l’ONU, essentiellement américaines.

Dès le déclenchement de la guerre de Corée, la Belgique s’aligne sur les Etats-Unis, qui dénoncent l’attaque communiste et obtiennent l’aval des Nations Unies pour diriger une “coalition” pour “combattre l’agression“. Le 22 juillet 1950, le gouvernement envoie ainsi un premier avion de la Sabena pour ravitailler les troupes américaines.

Un bataillon d’infanterie composé de volontaires

Le 25 août, la Belgique décide de répondre à la recommandation de l’ONU et d’envoyer un corps expéditionnaire en Corée, comme 21 autres pays, dont 17 qui fournissent une contribution terrestre, navale et/ou aérienne. La Constitution belge interdisant l’envoi de miliciens sur des théâtres d’opérations hors frontières, le gouvernement opte pour un bataillon d’infanterie composé de volontaires et recrutés au sein de l’armée.

Parmi les volontaires se trouvent des officiers et des sous-officiers qui jugeaient bon pour leur carrière de faire un stage en “unité combattante“, des volontaires de guerre 1944/1945 nostalgiques du “bon vieux temps” et quelques aventuriers qui rejoindront ultérieurement les rangs des mercenaires au Katanga.

Plus de 2000 candidats se présentent et le 18 septembre 1950, les officiers et les sous-officiers du futur bataillon entament leur entraînement à Marche-les-Dames. Le 2 octobre, quelque 700 volontaires agréés rejoignent le camp de Bourg-Léopold et le 7 octobre, l’unité de régime linguistique bilingue – un bataillon à l’organisation légèrement modifiée – reçoit la dénomination de “corps de volontaires pour la Corée“.

Le 18 décembre, les 700 premiers volontaires quittent Anvers sur le navire “Kamina” de la Marine, pour arriver à Pusan, en Corée du Sud, le 31 janvier 1951, après 45 jours de navigation dans des conditions pour le moins inconfortables.

Les volontaires belges se mettent aussitôt sous le commandement américain, selon un accord particulier, conclu entre le gouvernement belge et celui des Etats-Unis, qui rebaptisent le contingent belge “Belgian United Nations Command” (BUNC). Peu après, le bataillon belge est rejoint par un peloton de volontaires luxembourgeois.

Et le 6 mars, il entame les opérations, défendant différentes positions, notamment contre des offensives chinoises, avec des combats parfois au corps à corps.

Ce qui vaut au corps de volontaires belgo-luxembourgeois six citations : quatre belges et deux étrangères – une américaine et une coréenne – pour les combats de l’Imjin, Haktang-Ni et Chatkol et pour la campagne de Corée.

Le bataillon reste jusqu’au 15 juin 1955 en Corée, soit près de deux ans après l’armistice du 27 juillet 1953.

Durant cette période, 3498 Belges sont allés se battre en Corée, dont 101 y ont laissé leur vie.

Cette guerre a fait entre deux et quatre millions de morts, et a débouché sur la création d’une zone-tampon sur la frontière la plus armée du monde. Les deux Corées n’ont en effet conclu qu’un armistice et sont toujours théoriquement en guerre, séparées par une zone frontalière extrêmement surveillée longue de quelque 240 km.

Source: Belga