Gros plan sur la mission des militaires belges au Mali

23/05/2019, 12:06
Les déplacements se font en véhicules blindés

Il n’est que 6h30 du matin et pourtant la chaleur est déjà étouffante. Les dingos, les véhicules blindés de plusieurs tonnes dans lesquels les militaires belges se déplacent, soulèvent une quantité impressionnante de sable rouge qui colle à la peau. Même dans les véhicules, il faut porter « la totale ». Gilet pare-balles, armes, munitions, équipement complet, soit 30 kg supplémentaires. Un convoi de 8 véhicules, dont une ambulance se met en route, direction Gao, la ville toute proche du camp.

La patrouille se fait à pied. Selon un schéma bien précis, chaque homme sait ce qu’il a à faire : surveiller les alentours bien sûr et veiller à la sécurité du groupe. « Certains vont plutôt être ouverts à la population pour discuter, d’autres vont vraiment s’attarder sur le 360, c’est-à-dire la protection de la patrouille, du dispositif. Malgré tout, on peut tous aller voir des gens, collecter des informations en parlant. Mais la sécurité prime sur le reste » nous raconte Rodolphe, adjoint de la section. « On est en plein Gao, le mal est partout » nous assure-t-il en observant attentivement tout ce qui se passe autour de lui.

Établir le contact, malgré tout

Les menaces qu’ils craignent le plus ? Des bombes artisanales et des attaques suicides. Certains terroristes se terrent dans la ville, les Belges le savent. Et pourtant, il faut aller le plus possible au contact de la population, c’est le but de la mission. Le groupe que nous suivons serre des dizaines de mains, salue des centaines de personnes. « Vous suivez le ramadan ? » demande le lieutenant Julian à un groupe d’hommes allongés à l’ombre qui hochent la tête pour acquiescer. « Respect pour ça » La conversation est lancée, les questions sur la situation sécuritaire débutent. « J’ai entendu qu’il y a des tensions interethniques en ville. Vous avez constaté cela ? » Non répond l’un des hommes du groupe. Il prétend être très content de la présence des casques bleus en ville. « Ce sont nos amis, ils sont venus nous aider ici à Gao. La Minusma, c’est bien pour la sécurité. »

RTBF (Laurence Brecx)