Gouvernement De Croo: une cinquième ministre à la Défense en moins de deux ans

1/10/2020, 13:34
Ludivine Dedonder

Avec l’arrivée de la députée Ludivine Dedonder (PS) comme ministre de la Défense, – la première femme à cette fonction dans l’histoire de la Belgique -, ce département régalien à la recherche de stabilité hérite de son cinquième titulaire en l’espace de moins de deux ans.

Cet unique «ministère» – les autres départements fédéraux sont tous des SPF (pour Service public fédéral) – devrait ainsi retrouver une certaine stabilité, alors que la coalition heptapartite annonce, dans son accord de gouvernement, s’engage à poursuivre, tout en l’«actualisant», la mise en œuvre de la «Vision stratégique» pour la Défense datant de 2016 et de la Loi de programmation militaire (LPM) qui en découle et balise les importants investissements en matériels prévus pour l’armée.

Au cours des 23 derniers mois, quatre ministres successifs ont occupé le cabinet de la Défense, situé rue Lambermont à Bruxelles, dont deux nationalistes flamands et deux libéraux francophones.

Le poste a d’abord été occupé, lors de la formation du gouvernement Michel 1er, le 10 octobre 2014, par Steven Vandeput, ex-député N-VA, qui avait également hérité de la Fonction publique. Il est l’un des principaux architectes de la Vision stratégique, qui prévoyait, pour la première fois depuis des décennies de «dividendes de la paix» après la chute du Mur de Berlin, un réinvestissement dans l’armée.

Adopté en juin 2016, ce plan comprend d’importants achats de matériels militaires (avions de combat et drones, blindés, navires de lutte contre les mines et frégates), pour un montant de 9,4 milliards d’euros, dont la toute grosse majorité est désormais engagée. La Vision néglige toutefois quelque peu l’aspect du personnel, alors que la Défense est confrontée aux départs massifs de la génération de militaires «baby-boomers» – les personnes nées entre 1946 et 1964.

M. Vandeput a toutefois démissionné en novembre 2018 pour devenir bourgmestre de Hasselt, après son élection lors des communales du mois précédent.

Il a été remplacé par l’éphemère Sander Lonnes (N-VA lui aussi), qui n’a été ministre que durant moins d’un mois, jusqu’au 8 décembre 2018, lorsque le parti nationaliste a quitté le gouvernement Michel 1er pour cause de désaccords sur l’approbation par la Belgique du pacte de l’ONU sur les migrations (dit «de Marrakech).

Ses compétences ont alors été reprises dans le gouvernement Michel 2 par Didier Reynders (MR), qui était déjà ministre des Affaires étrangères.

Au départ de M. Reynders, le 1er décembre 2019, pour devenir commissaire européen à la justice, le frais émoulu président du MR, Georges-Louis Bouchez, a choisi le député Philippe Goffin pour reprendre les deux portefeuilles.

Entré en fonction le 29 novembre dernier pour une durée incertaine, M. Goffin doit céder le relais ce jeudi à une députée socialiste, Ludivine Dedonder, ex-échevine de la ville de Tournai qui devient la première femme ministre de la Défense en Belgique. Aux affaires étrangères, sa succession est assurée par la Première ministre sortante, Sophie Wilmès (MR), qui a prêté serment jeudi matin comme Vice-Première et cheffe de la diplomatie belge – là aussi une première pour une femme.

Le passage de témoin se déroulera à 15h30 au cabinet du ministre des Affaires étrangères, rue des Petits Carmes à Bruxelles.

Source: Belga