Pourquoi les forces spéciales belges cherchent à se féminiser

11.09.2019 0 236

forces spéciales belges
la Défense

L’unité d’élite de l’armée belge pourrait bientôt compter des femmes dans ses rangs. Des renforts que leur nouveau responsable appelle de ses vœux.

Ne cherchez pas des femmes au sein de nos forces spéciales. Peine perdue : vous n’en trouverez pas. "Les postes ont pourtant toujours été ouverts à tout le monde à la Défense", assure le service presse de l’armée. Mais pourquoi alors ? Les femmes n’ont-elles jamais postulé auparavant ? Ou alors est-ce qu’elles ne réunissent pas les tests ?  Des questions que notre attachée de presse préfère éluder : "Je ne suis pas capable de vous dire si on a déjà reçu des candidatures dans le passé, ni même si certaines femmes ont déjà suivi une formation. Je ne peux rien dire aussi sur les formations".

Bref, il nous reste donc à regarder le présent et se tourner vers le futur. Et là, les nouvelles sont plutôt réjouissantes. Des femmes se trouvent en effet actuellement en cours de formation. Leur nombre s’élève à 19. La route menant à la féminisation des troupes d’élite de l’armée s’avère toutefois semée d’embuches. Car elles étaient en réalité une trentaine de candidates à avoir toqué au départ à la porte de la Défense. Un premier écrémage a donc déjà été réalisé d'emblée.

Des profils difficiles à trouver

Le couperet suivant sera tout aussi sans pitié. Seulement 10 % des candidats, et aucune femme jusqu’ici donc, ont réussi l’ensemble des tests et épreuves... De quoi parle-t-on et qui sont ces forces spéciales ? Et pourquoi cette formation fait-elle mordre la poussière à plus d’un candidat ? La majorité des spéciales opérations consistent en fait en une assistance militaire. Que ce soit de la formation de militaires étrangers, de la sécurisation de sites sensibles ou de la récolte d’information. Le point commun : un travail par petites équipes, de la technologie hypersophistiquée et… des qualités physiques et mentales clairement au-dessus de la moyenne.

La formation à la survie représente un pan essentiel de la formation. Longue de deux ans, l'instruction reste par ailleurs uniquement autorisée à des membres de l’armée. Vous êtes intéressé (e) ? Sachez que résister à un interrogatoire, survivre seul avec trois fois rien en terrain inhospitalier ou encore savoir échapper à une traque avec des chiens font partie des choses à maîtriser. Vous pouvez déjà vous entraîner chez vous.

Changement d'approche en perspective

Reste que les chances que certaines femmes achèvent leur parcours restent importantes. C'est d'ailleurs le vœu le plus cher du lieutenant-colonel Tom Bilo, le nouveau chef des troupes d’élite belge. Car les mentalités évoluent. Le message de haut gradé début du mois au quotidien De Morgen est clair : il faut des femmes. "Dans certains pays musulmans, avoir des femmes à vos côtés peut s’avérer un grand avantage. Dans certains pays comme l’Afghanistan où les hommes ne peuvent pas parler avec les femmes, des forces spéciales féminines semblent particulièrement nécessaires", insiste Tom Bilo.

"Pour les femmes, c’est plus facile de fouiller d’autres femmes ou de rentrer en contact avec des enfants. Cet aspect humain est essentiel pour les forces spéciales, car leur job consiste en grande partie à récolter des informations". Que ce soit pour des motifs culturels ou religieux : nos troupes d’élite 100% masculines ne peuvent en effet aujourd'hui entrer en contact avec plus de 50% de la population située dans les zones où elles opèrent. Pas rien. L’arrivée de femmes doit également marquer l’évolution stratégique de ces unités pas comme les autres. L’aspect humain et l’analyse sont désormais invités à prendre plus de place. Qui sait peut-être déjà dès 2021 ?