Une mission diplomatico-militaire belge la semaine prochaine en République Démocratique du Congo, annonce Didier Reynders

10.05.2019 0 202

Ministre de la Défense Didier Reynders

Un duo composé d’un diplomate et d’un général belges se rendra dès dimanche à Kinshasa pour examiner comment « redynamiser » les relations bilatérales entre la Belgique et la République démocratique du Congo (RDC), en voie de normalisation après une grave crise diplomatique, a annoncé vendredi le ministre des Affaires étrangères et européennes ainsi que de la Défense, Didier Reynders.

M. Reynders (MR) a chargé l’ambassadeur Renier Nijskens, qui est actuellement envoyé spécial belge pour la région des Grands Lacs – après avoir été ambassadeur en RDC au début des années 2000 – et le général-major Philippe Boucké, adjoint du chef de l’état-major de la Défense, d’une mission à Kinshasa du 12 au 15 mai 2019, a indiqué le Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères dans un communiqué.

« L’objectif de cette mission est de nouer des contacts avec les nouvelles autorités et l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile, pour redynamiser nos relations bilatérales et examiner ensemble comment la Belgique pourrait contribuer au mieux à accompagner la République démocratique du Congo vers les changements souhaités par la population congolaise ».

L’envoi de cette mission fait suite à la rencontre à Washington le 3 avril dernier entre le nouveau président congolais Félix Tshisekedi et M. Reynders, en marge d’une réunion de l’Otan.

La Belgique et son ancienne colonie émergent d’une énième crise diplomatique profonde, qui avait débuté par la suspension par Kinshasa, le 14 avril 2017, de la coopération militaire belgo-congolaise mise sur pied en 2003 dans un contexte pré-électoral tendu en RDC et un report de deux ans des élections générales initialement prévue fin 2016. Cette décision faisait suite à des critiques de M. Reynders sur le choix du nouveau Premier ministre congolais, Bruno Tshibala, un ancien opposant.

La RDC a ensuite pris en janvier 2018 une série de mesures additionnelles à l’encontre de la Belgique, comme la fermeture du bureau de coopération installé au sein de l’ambassade à Kinshasa, celle du consulat général de Lubumbashi (sud-est), le seul poste diplomatique belge dans la partie orientale du pays, et celle de la Maison Schengen à Kinshasa – une sorte du bureau consulaire belge chargé de traiter les dossiers des Congolais demandeurs de visa au profit de 18 pays européens.

Kinshasa ripostait à la décision prise par M. Reynders et son collègue de la Coopération au développement, Alexander De Croo, de réviser la coopération bilatérale, et notamment son aide financière au gouvernement congolais, en réorientant 25 millions d’euros « au profit de l’aide humanitaire et d’autres initiatives répondant aux besoins les plus pressants de la population ».

Mais les deux pays ont amorcé une sorte de crise après l’élection – contestée – de M. Tshisekedi, proclamé vainqueur de la présidentielle du 30 décembre dernier.

Ils ont conclu le 22 février dernier un accord qui a permis l’ouverture d’un « centre européen des visas » (CEV) pour succéder à l’ex-« Maison Schengen » et le rétablissement des sept fréquences hebdomadaires de la compagnie aérienne Brussels Airlines entre les deux capitales des deux pays, un moment réduite à quatre par Kinshasa.

La suite de la normalisation entamée après l’arrivée au pouvoir de M. Tshisekedi devrait passer par la désignation de nouveaux ambassadeurs – la RDC n’a plus d’ambassadeur en Belgique depuis 2016 et le dernier ambassadeur de Belgique à Kinshasa, Bertrand de Crombrugghe de Picquendaele, est rentré à Bruxelles en janvier 2018 – et la réouverture du consulat belge à Lubumbashi et de son équivalent congolais à Anvers, estime-t-on de source diplomatique.