Nos para-commandos sont trop vieux: "la moyenne d’âge est au-delà de 40 ans, c’est trop élevé pour une unité de combat"

01.04.2019 0 2034

Les para-commandos sont des unités d’élite de la Composante Terre

Le boss des para-commandos juge la moyenne d’âge de ses hommes (plus de 40 ans) trop élevée.

Les para-commandos sont des unités d’élite de la Composante Terre. Ce sont les seules unités de combat à être déployées en hélicoptère ou en avion. Grâce à un entraînement très poussé, les militaires en formation apprennent les techniques de combat modernes afin d’augmenter leur résistance tant mentale que physique.

L’unité para-commando est réputée pour la difficulté de ses entraînements. "Cette unité spéciale est la plus difficile mentalement et physiquement. Parfois, lors d’entraînements, on prive les soldats de sommeil afin d’évaluer leur résistance physique et mentale pour sélectionner les plus performants", indique Boris Morenville, délégué permanent au SLFP Défense.

Et aujourd’hui, cette unité de combat rassemblant deux bataillons (un francophone et l’autre néerlandophone) compte 460 hommes, "dont 300 personnes actives au top et engageables sur des délais très courts. Mais pour le reste, ce sont des militaires qui ont atteint un certain âge et qui ne peuvent plus être envoyés en opération, ils assurent donc d’autres services au quotidien car ils ne sont plus assez performants physiquement et pas assez aptes à partir en mission", pointe du doigt le boss de tous les para-commandos, Vincent Descheemaeker.

Autre dommage collatéral, en plus du manque de compétitivité de l’unité, c’est la vague de départs à la pension qui est à prévoir dans les prochaines années. "Et c’est là où le bât blesse. On a énormément recruté il y a 15 ans, et il faut savoir qu’ici les gens restent à vie, donc une vague de départs à la retraite est inévitable. Il y a donc un manque de rajeunissement et c’est un problème assez pointu. Nous sommes dans l’obligation de recruter, la moyenne d’âge de nos hommes est au-delà de 40 ans, c’est trop élevé pour une unité de combat", révèle-t-il.

Cependant, si la Défense est dans un besoin urgent de recruter, elle fait face à de nombreux obstacles. "Chez nous, le but est de repousser les limites de l’individu. Le problème, c’est que le taux d’échec chez nos recrues est de 50 % suite à la formation initiale. Il y a des jeunes qui tentent le coup mais sont parfois mal informés sur le métier. C’est pour cette raison que l’on fait des efforts à la Défense pour ouvrir nos portes via des journées découvertes", explique Descheemaeker.

L’éloignement du cercle familial est également une des principales difficultés. "On constate que des jeunes ne restent pas pour cette raison, ils sont souvent à la recherche de l’équilibre vie privée-vie familiale. Pour d’autres, c’est l’exigence physique et psychologique. Tout se passe dans la tête, la résistance est très importante au sein de notre unité. Et souvent, on constate une forme de résilience lors des premiers mois."

De plus, le marché de l’emploi pose aussi problème à la Défense pour recruter dans ce secteur bien spécifique où la concurrence avec le civil fait rage. "Il est difficile d’attirer des jeunes et de les amener à se déployer pour des durées assez longues quand ils préfèrent travailler proches de chez eux aujourd’hui. Notre grand défi est donc de leur proposer un poste attractif", détaille le boss des paras.

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