Les para-commandos belges s'entraînent au grand froid en Norvège

02.03.2020 0 444

Les para-commandos belges s'entraînent au grand froid en Norvège

Au nord du cercle polaire, à plus de 1500 kilomètres d’Oslo, les para-commandos ont tombé la chemise kaki pour s’emmitoufler de blanc, opérant la mue hivernale adaptée aux rigueurs de l’hiver et du camouflage. Ronny (*) s’apprête à sauter en parachute sur le lac gelé de Takvatnet, matelassé de neige comme les collines qui l’entourent. " Vu du ciel, quand tout est blanc, c’est plus compliqué de distinguer les reliefs " explique l’infirmier parachutiste.

La région est enfouie sous 1 mètre 50 de neige et les branches des conifères battent de l’aile sous le poids. Au sol, l’avancée des troupes se fait en skis pour les longues distances ou en raquettes lorsque qu’il faut se mouvoir en souplesse dans un périmètre restreint, parfois simplement pour chercher du bois d’allumage. Physiquement et tactiquement, on est loin des progressions en bottines plus traditionnelles pour l’armée belge.

Benjamin (*) n’a jamais été confronté aux conditions arctiques. Pelle pliable à la main, il creuse la neige d’un terrain en pente pour former la grotte dans laquelle il placera une paillasse de branches et allumera un feu discret. Après une heure de travail, alors que la nuit et les flocons tombent de nouveau, l’entrée de l’abri est finalement bâchée d’une couverture de survie et de la fumée s’échappe par une cheminée étroite. Exercice terminé ; Benjamin dormira au camp, baraquement chauffé, dans la vallée de la Malselva. " L’abri d’urgence est sympa à construire mais je ne voudrais jamais devoir l’utiliser en opération ", concède le jeune soldat.

L’abri d'urgence est sympa à construire mais je ne voudrais jamais devoir l’utiliser

Basée à Skjold leir, la compagnie de 90 militaires belges, intégrée à un bataillon de 800 Néerlandais, se frotte depuis la mi-janvier aux températures glaciales. La Belgique et les Pays-Bas exercent leurs capacités amphibies, c’est-à-dire leur aptitude à intervenir par grand froid dans des zones côtières, afin d’être prêt à répondre à une éventuelle demande de l’OTAN dans le cadre de la force de réaction rapide. Les mariniers néerlandais disposent d’une expérience liée à leur longue histoire et d’un matériel adapté qu’ils partagent avec les Belges, dont l’ambition de créer une compagnie amphibie remonte à 2016.

Posé dans les eaux basses d’un bras de mer que le gel n’a pas réussi à figer, le bateau LCVP (Landing Craft Vehicle Personnel) dans lequel les para-commandos belges prennent place bat pavillon néerlandais. Embarquer, débarquer, embarquer, débarquer, … L’exercice est répété plusieurs fois, de jour comme de nuit, pour acquérir les bons réflexes. " Out troops " crie l’homme sur le pont, ordonnant aux soldats de débarquer au pas de course sur la plage. Le long pont-levis de chaque côté de l’embarcation à fond plat permet de réaliser la manœuvre en gardant les pieds au sec.

Après plusieurs semaines d’entraînement, les para-commandos belges et les mariniers néerlandais participent à partir de ce lundi et jusqu’au 18 mars à un exercice de l’OTAN réunissant plus de 15.000 militaires, dont de très nombreux américains. L’objectif est de solidifier la coopération entre les armées lors d’actions de haute intensité dans des conditions hivernales. Pour l’OTAN, il s’agit aussi de montrer sa présence à la Russie toute proche.

*Anonymat préservé à la demande de la Défense